samedi 9 décembre 2017

Un monde de rosée, René Le Corre

Un monde de rosée René Le Corre


Monde en poésie éditions accueille Un monde de rosée René Le Corre.

 « Son écriture – à  la manière de Philippe Jaccottet – mêle à la fois sensations vécues et méditations philosophiques, dans une prose que l’on peut qualifier de poétique. « Je suis toujours saisi d’un sentiment de secret, de quelque chose qui nous a échappé et que nous ne pouvons retrouver et qui est pourtant à portée de main ». Terrible et fascinant mystère de l’existence que l’auteur nous aide à sonder. Mais sa voix, nous dit-il, c’est « ma voix avec tous, plus pure quand elle va vers l’effacement (…) dans la dépossession de l’amour et de l’inconnaissance ». Oui, parole de sage. Pierre Tanguy


René Le Corre Un monde de rosée préface Pierre Tanguy, postface René Peron Monde en poésie éditions 2017 130 pages format 11/18, 12€.

Le dimanche 21 janvier à 15 h rencontre avec René Le Corre, Pierre Tanguy et René Péron Galerie Ars Raden Plogastel Saint-Germain. Il est prudent de réserver. 
Rts : artsraden@gmail.com.

Un monde de rosée rené le corre



Un monde de rosée René Le Corre


NOTES DE LECTURE / PRESSE


Le télégramme janvier 2018

Ouest France Philippe Simon Janvier 2018


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mardi 7 novembre 2017

Le cercle de l'aurore, Sylvie Méheut

Le cercle de l'Aurore Sylvie Méheut

« Chacun, nous sommes conviés à cet oratorio intérieur en nous laissant prendre et emporter par ces rythmes secrets, ces sonorités mystérieuses, ces envolées pleines de souffle soutenu et de tendresses partagées (…) C’est un chant de haute sensibilité que nous livre Sylvie Méheut avec ce recueil. Chaque mot y est accueilli avec une attention et une précision inouïes. On se laisse prendre par la houle de cette voix qui nous emporte ..." Jean Lavoué

Monde en poésie accueille Le cercle de l'aurore de Sylvie Méheut.


Cette édition réunit autour de Sylvie Méheut, Valentine Magendie, photographe (photo de couverture et photo de l’auteur) https://www.valentine-magendie.com/, l’auteur Jean Lavoué (postface) http://www.enfancedesarbres.com/.



Le cercle de l’aurore, 232 pages, format 11/18, 13 euros 
commande du livre









NOTES DE LECTURE

Il m'en aura fallu du temps pour délivrer l'azur de ses nasses fatales, de ses vents sanguinaires, de ses capes meurtries, ses famines d'osiers, ses faillites de cendre, ses bombes, ses prisons, ses potences dressées.

Il m'en aura fallu du temps pour Nous aimer, il m'en aura fallu, il m'en faudra encore pour aimer par-delà le cercle de l'aurore.

C'est avec ce poème que s'achève le livre de Sylvie Méheut "Le cercle de l'aurore" qui enrichit la belle collection des éditions Monde en poésie que dirige Brigitte Maillard à Quimper. La Bretagne vit encore dans ces poèmes qui se lisent sur 220 pages. Sylvie Méheut vient de Saint-Brieuc dans les Côtes-d'Armor. 

Le cercle qu'elle trace avec ses nombreux poèmes, est celui d'une humanité qui ne veut conserver que l'amour après la tourmente inhérente à toute vie. Il s'agit, là encore aux éditions Monde en poésie, d'une écriture aguerrie, portée par l'ambition d'une spiritualité puisée dans la vie vécue et resurgissant par le langage. Christian Saint-Paul Radio Occitania émission Les Poètes Le jeudi 14 décembre 2017.

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mardi 22 août 2017

Toiles bretagnes Christian Saint-Paul






De retour de Bretagne, le poète occitan Christian Saint-Paul, " peint sur toile " sa traversée. Ses mots dévoilent la finesse d'un " tissage subtil d'émotions et de sensations " évoqué par Alem Surre Garcia dans sa préface. :
"Avec " Toiles bretagnes ", Christian Saint-Paul nous propose, sous forme de ballade, un tissage subtil de sensations et d'émotions. Il affronte sa propre solitude parmi les sables et les forêts " aux confins secrets ". Les villes sont muettes et les rues désertées. Les temps héroïques où les hommes succombaient en nombre sont rappelés sur des stèles de granit tant il est vrai que " Les guerres devancent la mort " et que " le lointain se fond dans le proche ".

- Le titre fait écho à " les bretagnes ", ces fines toiles de lin tissées dans la région de Quintin, du moyen âge à la révolution industrielle. -
Toiles bretagnes  Christian Saint-Paul préface Alem Surre Garcia
 Monde en poésie éditions 2017, 12 €
Commande du livre

Retrouvez l'auteur Christian Saint-Paul tous les jeudis de 20h à 21h émission radiophonique sur  la poésie dans le monde Radio Occitania 98.3 MHZ diffusée de façon pérenne sur le site 
http://les-poetes.fr/


NOTES DE LECTURE 

Alain Gabriel Monot nous dit " J'aime chez Christian Saint-Paul, la fidélité aux lieux de Bretagne, essentiellement coastarmoricains mais aussi à ces "géants modestes" que furent Armand Robin et Georges Perros. Sa poésie est en somme une géographie très intime doublée d'une belle mémoire" Nous le remercions pour ce premier regard critique posé sur "Toiles bretagnes."

Michel Baglin auteur et poète évoque "Toiles bretagnes" dans la revue Texture en ligne en novembre 2017.
"Animateur depuis des décennies de l’émission Les Poètes sur Radio Occitania à Toulouse et poète lui-même ayant consacré plusieurs recueils à l’Espagne, terre de sa prédilection, Christian Saint-Paul (portrait) n’en est pas moins amoureux de la Bretagne. Il la chante avec ce nouvel opus, non seulement comme toile de fond, mais comme sujet de ses poèmes. 
L’auteur les offre comme un « poème radiophonique en forme de récit » et il est vrai qu’il s’agit là d’une poésie narrative, racontant une balade en pays celtique. On y fait halte avec lui en divers lieux – sites, villes, régions – de Nantes à Saint-Malo, via Douarnenez, Vannes, La Brière, Lamballe, Dinan, Saint-Brieuc, etc. Et toujours en bonne compagnie, puisque c’est aux côtés de poètes, les Cadou, Max Jacob, Armand Robin, Georges Perros, Louis Guilloux, Le Quintrec, Jean Laugier et bien d’autres que l’on chemine.
Car il s’agit bien d’une poésie d’évocations, qui mêle l’histoire (les rappels de faits anciens y sont nombreux), la géographie (la géopoétique de Kenneth White n’est pas si loin) et la littérature, voire la spiritualité. On y voit Guilloux discutant avec Jean Grenier sur la place de Saint-Brieuc, Colette écrivant sur les chats à Bréhat, Perros dans sa maison de pêcheur et Saint-Pol Roux dans son manoir. Mais aussi les « paludiers entretenant les étiers / cueillant la salicorne ».
Christian Saint-Paul cherche en Bretagne des parentés avec son Occitanie, en les disant sœurs. Il en trouve au moins une en regardant l’océan, qui n’est pas si éloigné de la Méditerranée, car « toutes les mers sont la mer / Nous y voyons couler les millénaires ».
Cet ouvrage reprend aussi sous le titre « Le Trégor » une évocation de cette région parue à Encres Vivessous le titre « Hodié mihi, cras tibi » il y a quelques année (lire ici

Enfin le recueil se clôt sur la retranscription d’une intervention, « Où se niche la poésie ? », donnée lors d’une table ronde du salon du livre Gourmets de Lettres à Toulouse. Un texte en prose dénonçant notamment l’approche de la poésie par les médias qui l’emprisonnent dans les lieux communs.(...) "



Georges Cathalo auteur et critique évoque Toiles  bretagnes dans la revue Texture en ligne , décembre 2017.

En ouverture de ce beau livre, la sobre préface d’Alem Surre-Garcia est là pour indiquer la voie à suivre, « sous forme de balade », afin d’amorcer dans les meilleures conditions ce parcours poético-touristique au fil d’une Bretagne plurielle qui n’en aura jamais fini de révéler ses charmes. Il est hors de question de faire un inventaire exhaustif ou comparatif des différents sites parcourus par le poète, de l’île de Bréhat à Perros-Guirec ou de Morlaix à Lamballe puisqu’ici, « le perpétuel est l’éternel ». Au fil de toutes ces randonnées, on croise les fantômes des poètes qui ont marqué la Bretagne au fer rouge : Armand Robin, Max Jacob, Georges Perros,… En prenant des chemins de traverse, écrit Saint-Paul, « j’ai mis mes pas dans les pas des poètes » et « ces lieux élus sont nos pare-feu ». Le ciel, la terre et la mer conjuguent en permanence leurs charmes et leurs mystères « avec la finesse d’une étoffe de lin / et la solidité des toiles bretagnes ». Après un long « poème radiophonique en forme de récit », l’auteur a tenu à boucler ce livre par un court essai intitulé « Où se niche la poésie ? », essai truffé de références et de subtiles observations qui s’achèvent sur une note d’espoir : « La poésie n’est pas exsangue » car « n’y viennent que les plus disponibles ».

Véronique Elfakir auteur & psychanalyste, évoque Toiles bretagnes dans La revue en ligne Recours au poème. En voici un extrait :
Christian Saint-Paul, toulousain d’origine, nous propose ici un voyage en terre bretonne. Chaque ville traversée fait l’objet d’un texte qui entrelace à la fois  des descriptions de lieux, des rencontres, des sensations ou images fugitives avec des citations empruntées à tous ces poètes bretons qui accompagnent ses pas : G. Perros, Arman Robin,  Max Jacob, Yvon Le Men par exemple. Ainsi le cheminement réel se double d’une pérégrination littéraire. L’imaginaire accompagne cette réalité  rugueuse et âpre en sa sauvage beauté où il s’agit de se laisser guider et enseigner par le ressac de la mer quelques vérités parfois amères :

« Il nous fallut encore apprendre la mer
Cette mer qui va et vient et repart
Vers des énigmes d’îles et de tempêtes
Et s’endort faussement paisible du sommeil
De l’après-désespoir. » (p.13)

samedi 11 mars 2017

A l'éveil du jour, Brigitte Maillard

Brigitte Maillard A l'éveil du jour format poche 132 pages 12 €

Existe en version numérique Fnac & Amazon  5€70




Photo Denise Pelletier

de Michel Philippo sur Bretagne 5, 15 septembre 2017 


Invitée de Christian Saint-Paul ce jour 14 avril  2016 sur Radio Occitania
ou directement à partir de ce lien


Brigitte MAILLARD : une artiste qui a trouvé une fidélité, une matrice,
 une constance dans l’expérience de la vie, 
qu’elle a su traduire dans une langue qui la transcende.

Christian Saint-Paul

Pourquoi j’ai écrit ce livre sur le site de l’association Ecritures et spiritualités, juin 2016 
dont je suis adhérent 


Brigitte Maillard, A l’Eveil du jour, 132 p. [APA 3568.00]



Brigitte Maillard nous prend par la main et nous guide dans une promenade à travers la poésie. La poésie des autres et ses paysages qui lui sont manifestement familiers et la sienne, prénommée « Poésie », déjà amie fidèle avant l’épreuve du cancer mais devenue petite lumière indispensable dans l’obscurité de ce chemin tantôt désertique tantôt rocailleux. Temps d’apprentissage de la lenteur, du vide, de l’impuissance mais aussi - et surtout - celui du ressenti. Temps de solitude mais également de rencontres d’autant plus lumineuses que frappées du sceau de l’éphémère. Puis vient le temps de la dernière chance pour guérir de la leucémie : la double greffe de sang de cordon ombilical. « Devenir cet autre moi-même, révélé par le don et la présence de ces êtres humains, qui d’une certaine façon au travers de leurs cellules natives vivent avec moi, est définitivement joyeux » C’est une promenade de santé pourrait-on dire puisque Brigitte Maillard en sort guérie dans son corps mais surtout advenue à une nouvelle vie.
« Sentir la vie/Sentir sentir/C‘est vivre »…
« .Je ne meurs plus je suis »…







Présentation dans le magazine Vivre N° 370 juin 2016 de La Ligue contre le cancer



Voici un livre d'une grande force à la fois humaine, poétique et spirituelle. Il s'agit d'un témoignage poignant qui relie la parole poétique et la réflexion à une expérience particulièrement difficile, celle de la maladie qui vient mettre la vie en jeu… Par trois fois celle-ci a livré ses assauts, l'auteure en a triomphé ce qui a libéré en elle : "Un appel à laisser tomber les masques, les histoires figées de nos vies humaines. Un appel à vivre la beauté". L'épreuve est approchée par tout ce qu'elle a permis de positif. Brigitte Maillard écrit  « Il y a quelque chose de mieux que la guérison, c'est découvrir la vie en profondeur.  (...) » Jean Luc Pouliquen poète et critique L’oiseau de feu du Garlaban

(…) Mais la singularité de ce livre est que la narration est émaillée de poèmes et s’achève d’ailleurs par un recueil, « le Temps dans le vent ». C’est que l’auteur, qui rappelle le mot de Guillevic – « le poème nous met au monde » - estime devoir sa survie et sa renaissance à cette « poésie qui joue le rôle d’un phare dans le lointain ». Et c’est avec une belle ferveur qu’elle célèbre cette poésie qui nourrit, aide à résister au désarroi quand elle s’écrie « Je ne sais comment parler de la vie / Elle vient de me rester dans les mains », et finalement contribue à la résilience jusqu’à lui faire écrire : « et le vivant pousse en moi. ». Une poésie qui accompagne vers une spiritualité sans dieux et qui, comme le disait Charles Minetti, « donne du mérite à la vie ».
Michel Baglin poète et critique Revue Texture

Brigitte Maillard est poétesse et mérite bien cette appellation (contrôlée) tant elle sait dans la difficulté modeler la phrase. Certain parlerons de la ciseler à la manière d’un verrier. Même si naturellement on perçoit dans le livre que le mot n’est pas si transparent que cela.  Il y a dans cet ouvrage une œuvre que l’on pourrait rapprocher d’un travail sculptural. Les mains dans la glaise pour, avec lenteur, malaxer les mots pour les rendre neuf à notre lecture.
C’est la force d’une œuvre.
A lire.
Alain Chêne, Regardez les hommes danser (entretien vidéo)
REGARD 355 - A l'éveil du jour de la poétesse... par regardezleshommesdanser

(…) Ce récit, émaillé de poèmes, est écrit comme un poème en prose. C’est le journal, conçu comme une autofiction à la Yves Charnet, où aucun fait n’est inventé, où tout a été vécu et retransfiguré par l’art du langage… La poésie est la quintessence de la parole ; elle l’empêchera de se noyer dans le vide qui s’ouvre sous ses pieds. Pour cela, il faut dire. Dire la stupeur à l’annonce des maux qui frappent avec une lâcheté aveugle. Cancer du sein à 39 ans, puis leucémie. Mais la vie, quand on porte la langue en soi dans tout le corps malade, est la plus forte. Sauvée par l’intelligence des hommes de sciences, avec notamment le don de sang de cordon, mais surtout par le combat de sa lumière intérieure qui a osé regarder en face les ténèbres … La poésie, la langue appelée comme une thérapie universelle. Sauvée par la sensibilité qui, comme nous l’apprit Baudelaire, est notre génie… Christian Saint Paul Les poètes émission sur Radio Occitania 24 septembre


Un témoignage intime du retour à la vie qui a valeur universelle. Prose et poésie, ponctuées de citations puisées dans les lectures qui la ressourcent (Novalis, Tagore, Apollinaire, Char, Guillevic, Cheng) cheminent ensemble et transcendent les limites génériques du récit.
Agence Bretagne Presse septembre


Renaissance en poésie source Ouest France
  


Une autobiographie poétique, un témoignage lumineux pour dire que la poésie est source de vie et qu'elle est rédemption. Nous entrons avec Brigitte Maillard dans ce "dialogue intime, intense, vrai, doux et lumineux." où même "la mort est en vie". Après les épreuves et la mort toute proche, la poète peut dire: " J'ai soulevé le voile et j'ai vu la poésie se glisser entre les mots du monde, comme de l'amour."
Je vous remercie infiniment pour votre recueil À l’éveil du jour. Il est beaucoup plus que des mots, il est  une expression du Verbe, du verbe qui se fait chair, qui souffre avec nous au cœur de nos souffrances, mais qui est porteur de vie et de lumière.


Quel témoignage superbe de vie ! Quel hommage rendu à la poésie ! Ce langage premier, essentiel qui est souffle puissant, vital.

« La poésie porte secours, je l’ai vécue, celle de nos poètes comme celle qui se crée en nous. »

Quel chemin d’espérance vous nous donnez à suivre, au cœur de la douleur, quand tout semble perdu, mais que humblement on se met à l’écoute du monde et de nous-même ; certains diront à l’écoute de Dieu en nous… Une écoute qui nous invite toujours à l’amour, à «  entrer dans la nuit de l’invisible », mais une nuit « étoilée », habitée de silence et de paix, une « nuit plus forte que le jour », car une nuit habitée par le souffle du Vivant.

Une vie habitée par l’amour, vous le dites si bien, si humblement : « comment laisser la vie donner tout l’amour dont elle est capable ? »

Vous dites de façon si lumineuse cette expérience mystique fondamentale ; quand il n’y a plus rien, alors il ne reste que l’Amour et donc le sacré de la vie, et ici et maintenant ce lieu « hors du temps ».
Ghislaine Lejard, poète et collagiste






En faisant du lecteur un témoin haletant aux premières loges, "À l'éveil du jour" nous invite dans l'intime d'une naissance. Cache secrète de toutes les naissances, Poésie se dévoile au grand jour, dégingandée, sauvage ou tendre, selon les jours, selon les heures du jour.

Et la vie ne sera plus jamais la même. Elle vacillera entre l'attente silencieuse du poème gestant, la nostalgie de ses errances sur nos terres, de ses frasques, la fulgurance enflammée de ses résurgences subreptices ou impromptues, volcaniques ou plus suaves que le chant du rossignol enamouré.

Merci Brigitte de nous dire votre langue souterraine, mère de toutes les autres.

Marc Bouriche, auteur & poète




Une lettre est arrivée. Je l’attendais. Un peu plus lourde qu’une lettre, un livre. Celle qui écrit je la connais en poésie, en auteur interprète, en chercheuse de talents. Je la connais « en vie ». Et quel choc que de lire d’emblée : « Je ne sais plus comment parler de la vie. Elle vient de me rester dans les mains » Et toute l’histoire de Brigitte Maillard est soudain dans les miennes.
Il y a une cadence des mots, une urgence des mots. Brigitte Maillard ne trébuche pas. Sur aucun. Elle a trébuché avant. Sur « ce grand carton où étaient des papiers épars qu’il fallait rassembler ». Il y a tant de couleurs dans les mots. Du noir « léger » jusqu’au rose irisé. Du rose irisé pour masquer la pâleur de certaines périodes, de certaines questions, du vide de soi.  Mais il y a surtout « cet invisible » avec qui elle parle. Avec qui elle entonne un chant étrange et poétique qui nous touche par sa sonorité. Par certaines notes parfois plus aigües. Brigitte Maillard se réinvente une ligne de jonction avec elle-même. Avec les autres. Avec la vie. Celle-là même qui s ‘amuse à lui faire croire que la partie est finie. Elle sait la lassitude, le temps qui à la fois ne bouge plus et bouge trop vite.  Elle sait comment : « il faut se concentrer sur la mécanique des choses, ne pas prendre froid. Se laisser défaire du connu, pas à pas ».
Pourtant, il y a « un froid de femme », quand elle apprend qu’il faudra jeter du lest. Un froid profond qui jamais ne se réchauffera vraiment. Même quand tout ira mieux.
Elle murmure courageusement: "Je viens de prendre à la nuit, un peu d’éclat du jour". Plus loin elle confie "De cette première période, il me reste l’envie simple de fermer les yeux et de pleurer"
Elle nous dit aussi comment à l’hôpital, elle tente de rester en vie en « avalant des particules de lumière ». Elle se nourrit de sa poésie et quand cela lui devient impossible, elle puise dans la poésie des autres. Il lui faut tenir. Il lui faut des provisions. Elle triture « sa terre de désarroi ». Ce n’est pas une fois seulement qu’elle est « frappée ». Mais une deuxième aussi. Et cette fois, il lui faut un peu de vie de quelqu’un d’autre. Une « greffe » viendra la réanimer. Tout cela est désarmant. Toute cette croyance, tous ces stratagèmes pour « lever le corps ». Douleur et joie. Tout est mêlé, emmêlé. Brigitte détricote les nœuds de chagrin. Tout doucement, jusqu’à plus de fil. Du moins, elle nous laisse le croire. Pour nous rassurer.  Et puis, le temps se met à l’espoir. Alors Brigitte Maillard lave à grande eau tout ce qui ne sert qu’à souffrir : « La vie est à reprendre dans la force de l’instant, à clarifier par l’espoir, à napper de chocolat, à imaginer… »


Texte paru sur le journal facebook de Jeanne Orient ce 18 mars 2016


Jeanne Orient écrivain




Retrouvez l’écho ressenti par l’artiste graveur Denise Pelletier  À l’éveil du jour
Un livre d’artiste est né, un quatre mains à découvrir Réminiscences, avril 2016
Atelier Engramme Québec, Canada

Photo Denise Pelletier - clic pour agrandir

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A l'éveil du jour Brigitte Maillard